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Situation des minorités religieuses d’Irak

Si l’Irak est un pays majoritairement musulman (islam sunnite et chiite), on oublie souvent que de nombreuses minorités y vivent. Les chrétiens sont les plus nombreux mais on trouve également des mandéens [1], des shabaks [2], des yézidis [3], des yarsans [4], des kakaïs, des turkmènes ou encore des circassiens.

La chute du régime de Saddam Hussein, suite à l’intervention américaine de 2003 s’est traduite par une dégradation de la sécurité pour l’ensemble de la population et une détérioration significative de la situation pour les minorités.

Aujourd’hui, non seulement la nouvelle constitution est plus restrictive quant aux droits des minorités religieuses, mais en plus celles-ci doivent faire face aux attentats, aux enlèvements et aux meurtres commandités par certains groupuscules terroristes composés généralement d’islamistes radicaux.

Près de la moitié des membres de minorités d’Irak exprime son sentiment d’être en danger. Ce chiffre reflète les discriminations violentes dont les minorités d’Irak sont l’objet et l’urgence de trouver des moyens pour faciliter leur intégration.

La dégradation des conditions de sécurité pour les minorités a aussi des impacts sur leur accès aux soins de santé. 66% des membres de minorités sondés déclarent avoir des difficultés à recevoir des soins lorsqu’elles doivent voyager. Pour les minorités, se déplacer en Irak reste donc dangereux.

Au regard de la situation dans l’ensemble du pays, celle du Kurdistan irakien, est relativement stable depuis 2003 [5]. Pour les minorités, les conditions de vie y sont généralement meilleures que dans le sud et le centre du pays, ce qui en fait une zone refuge.

Pourquoi opérer au Kurdistan irakien et dans les zones qui lui sont proches

Nous avons donc décidé d’opérer dans cette région pour quatre raisons:

  • Le Kurdistan est largement plus sécurisé que le reste de l’Irak ce qui nous permet de nous y déplacer.
  • Le Kurdistan est un refuge pour les minorités qui n’ont pas quitté définitivement le pays, c’est donc là que nous pouvons le plus facilement les aider à rester et à vivre dignement.
  • Les régions frontalières avec le reste de l’Irak au sud du Kurdistan (Kirkuk et la plaine de Ninive) sont le lieu de confrontations entre les autorités kurdes et le gouvernement central, dont les minorités locales sont les « premières victimes » [6].
  • Enfin, cette zone frontalière entre le Kurdistan et le reste de l’Irak est qualifiée de zone grise en termes de prise en charge médicale par des ONG comme Médecin du Monde notamment.
Depuis 2016 cependant, l’association Fraternité en Irak est également présente dans le sud du pays, à Bassorah, pour soutenir le projet d’une école multi-confessionnelle portée par le diocèse chaldéen de la zone.

[1] Gnostiques se revendiquant de Jean le Baptiste.
[2] Religion syncrétiste.
[3] Les yézidis vénèrent Malek Taous, l’ange-paon.
[4] Secte chiite hétérodoxe.
[5] Excepté des émeutes visant les commerces appartenant aux minorités yézidis et chrétiennes en novembre 2011
[6] Rapport On vulnerable ground du 10 novembre 2009, par l’ONG Human Rights Watch.

Source : Minorities Rights Group International -
Rapport de novembre 2011 « Iraq’s Minorities: Participation in Public Life »

Source : Minorities Rights Group International -
Rapport de novembre 2011 « Iraq’s Minorities: Participation in Public Life »