TRANSPARENCE – Fraternité en Irak publie ses comptes 2017

Comptes de l’association

Le bureau de Fraternité en Irak a décidé de publier de la manière la plus détaillée possible les comptes de l’association. En effet, les projets que nous menons sont réalisés avec l’argent de nos donateurs, il est normal qu’ils sachent précisément comment les fonds collectés sont utilisés.

Cette transparence financière est importante à double titre. C’est un devoir à votre égard mais cela a aussi une utilité interne à l’association : faire réaliser à chaque membre la responsabilité qu’il a dans l’utilisation de chaque euro.

Les comptes en détails

Questions/réponses avec Aloïs d’Aunay, trésorier de l’association.

Pourquoi publier les dépenses détaillées de Fraternité en Irak ?

En 2014, Fraternité en Irak a franchi le seuil de 153 000 € obligeant une association à faire certifier chaque année ses comptes par un commissaire aux comptes. A partir de cette année-là, le bureau de Fraternité en Irak a décidé de publier de la manière la plus détaillée possible les comptes de l’association. En effet, les projets que nous menons sont réalisés avec l’argent de nos donateurs, il est normal qu’ils sachent précisément comment les fonds collectés sont utilisés. Cette transparence financière est importante à double titre. C’est un devoir à votre égard mais cela a aussi une utilité interne à l’association : faire réaliser à chaque membre la responsabilité qu’il a dans l’utilisation de chaque euro.

Fraternité en Irak a en 2017 des frais de fonctionnement de 2,7% pour un montant de dons récoltés de plus de 1,5 millions d’euros. Comment faites-vous concrètement ?

Nous n’avons pas de frais de collecte de fonds. Fraternité en Irak ne dépense pas un euro en publicité ou en achat de fichiers de donateurs. C’est un choix délibéré. Notre philosophie est de garantir que les dons serviront à 97% sur place pour aider les Irakiens et non pour payer des publicités dans les médias français. D’autre part, les membres bénévoles de Fraternité en Irak donnent de leur temps et de leur savoir-faire pour mettre en mouvement l’association.  De la même manière, l’association n’a pas de loyer à décaisser tous les mois.

Dans ces frais de fonctionnement, certaines dépenses sont des impondérables. La plus importante réside dans les honoraires dus aux commissaires aux comptes. Les frais de fonctionnement ont augmenté en valeur absolue depuis l’an passé. Cette hausse est néanmoins compensée par la forte hausse des dons sur l’exercice. Pour la première fois en 2017, l’association a salarié une personne, ce qui représente désormais la majeure partie des frais de fonctionnement (34 %).

On remarque également une forte augmentation des frais bancaires. En effet, l’association a rencontré de fortes difficultés d’exécution de virements vers l’Irak à la suite du durcissement des règlementations pour les transferts d’argent à l’étranger. Nous avons donc été contraints d’ouvrir un nouveau compte bancaire plus adapté et ces deux raisons ont engendré de nombreux frais.

A moyen terme, pensez-vous pouvoir maintenir votre modèle fondé sur le bénévolat ?

Nous posions déjà la question lors de la publication des comptes 2015 et 2016 : dans la perspective de long terme et de développement qui est celle de l’association, nous réfléchissions à l’embauche d’un permanent pour renforcer l’équipe de bénévoles. Le vaste chantier de la reconstruction de la plaine de Ninive engage fortement l’avenir de l’association et nécessite des moyens humains conséquents. L’organisation de l’association va aussi être amenée à évoluer dans les mois et années qui viennent.

Après la libération de la plaine de Ninive fin 2016, un premier pas en ce sens a été franchi début 2017 : deux volontaires sont partis en Irak début 2017 pour une durée de 12 mois afin de mettre en place les différents projets liés à la revitalisation de la plaine de Ninive : Guillaume comme architecte pour reconstruire le sanctuaire de Mar Behnam, et Aude comme chef du programme économique de la plaine de Ninive. Tous deux étaient bénévoles. Fin 2017, Marie-Liesse a remplacé Aude avec un statut de Volontaire de Solidarité International, un contrat avec le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, poté par l’association La Guilde. C’est un gage de sérieux de l’association envers les habitants de la plaine de Ninive,  et de la pérennité du programme.

Dans ce souci de professionnalisation et de garantie vis-à-vis de nos donateurs, nous nous sommes également dotés d’un « conseil d’administration » au début de l’année 2017. Cette instance de gouvernance et de contrôle regroupe des membres bénévoles qui appuient et mais aussi questionnent régulièrement notre action afin de garantir sa pérennité.

En octobre 2017, notre conseil d’administration a validé l’embauche d’un permanent pour assurer la coordination des projets et la communication de l’association ! Margaux Besson, notre secrétaire générale, est devenue la première salariée à temps plein de l’association.

N’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires sur ces évolutions en germe à l’adresse suivante : contact[@]fraternite-en-irak.org

Mais sans payer de publicité ni faire d’achat de listing, comment Fraternité en Irak parvient-elle à récolter des fonds ?

Les membres de l’association donnent chaque année plusieurs conférences qui permettent d’informer sur l’évolution de la situation sur le terrain. Nous intervenons aussi régulièrement dans les médias (presse écrite et audiovisuelle) et sur les réseaux sociaux pour rappeler la situation des chrétiens et des minorités d’Irak. Par ailleurs, nos donateurs voient leurs dons se transformer en projets concrets en Irak de manière régulière, ce qui contribue à les fidéliser. Nous essayons de maintenir le rapport le plus proche possible avec eux à travers les conférences, durant lesquelles nos intervenants répondent avec plaisir à toutes les questions. De même, nous essayons d’être réactifs lorsque l’on nous pose des questions par mail.

Comment avez-vous pu récolter 1 516632 € en 2017, soit presque 64% de plus qu’en 2016 ?

Ce résultat est le fruit de la pertinence des projets menés mais aussi une résultante de l’actualité en Irak, avec le retour des familles dans leurs villages tout au long de l’année 2017. Les événements de la première moitié de l’année 2017 (bataille pour la reprise de Mossoul engagée à l’automne 2016, et la libération de la ville le 9 juillet 2017) ont à nouveau exposé l’Irak sur le devant de la scène médiatique, et ont amené une forte visibilité de notre action. Cela explique en partie qu’en 2017, des donateurs de plus en plus nombreux ont fait confiance à Fraternité en Irak. Leur fidélité nous a permis de lever plus de fonds qu’en 2014, 2015 et 2016.

Cette hausse est liée également à l’aide importante du Ministère des Affaires étrangères et du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) pour la relance économique de la plaine de Ninive.

Elle est aussi le reflet de la reconnaissance des actions de l’association à travers les articles de presse, les passages radios, télévisuels, et le travail formidable des bénévoles avec des interventions toujours plus nombreuses dans toute la France.

Près de 72% des fonds collectés par Fraternité en Irak au cours de l’année 2017 l’ont été auprès de donateurs privés (particuliers ou fondations). Une proportion en forte baisse par rapport à 2016 ou elle s’élevait à près de 93%, au profit des subventions publiques.

Comment répartissez-vous les fonds récoltés ?

En 2014, nous avons été confrontés à une réalité d’urgence due à l’arrivée de l’EI et à l’exode des populations de la plaine de Ninive. En 2015, l’accent a été mis sur la construction du futur des réfugiés que nous aidons, déplacés au Kurdistan irakien pour la plupart. En 2016, nous avons continué ces actions de développement, par la construction de nouvelles micro-entreprises telles que des usines de crème de sésame ou des boulangeries, tout en anticipant la libération de la plaine de Ninive, amorcée à l’automne. En 2017, nous avons lancé le préalable à la reconstruction de cette région avec l’opération « déminage », indispensable au retour des habitants chez eux.

Mais le retour n’était pas envisageable pour tous immédiatement, aussi il était important d’anticiper ce retour et de préparer des conditions dignes pour les habitants qui souhaitable rentrer chez eux : il a fallu rénover les logements, monter un programme de relance économique pour redonner du travail aux pères de famille, et travailler à la reconstruction de symboles tels que le monastère de Mar Behnam pour encourager le retour à la vie de cette plaine de Ninive occupée pendant trois ans par Daech.

Ainsi, dans l’emploi des ressources en 2016, nous constatons l’arrivée de la catégorie « déminage » qui représente 11% des dépenses, mais aussi une hausse de la catégorie « développement » qui représente 23% des dépenses engagées. L’importance de la part dédiée à l’éducation (36% des dépenses, soit le poste le plus élevé) reste significative de l’engagement de Fraternité en Irak vis-à-vis des populations jeunes et réfugiées, encore dans l’attente d’un retour chez eux.

A quoi correspond la ligne de dépense : « frais d’opérations en Irak » ?

Cela inclut les frais de transport de matériel et des bénévoles à l’intérieur du pays lors des différentes missions, les frais de change sur place, les frais de communication téléphoniques internes à l’Irak. En 2017, comme expliqué plus haut, cela inclut également les frais de logement des deux volontaires présents sur place pour plusieurs mois qui travaillent sur les projets de reconstruction de la plaine de Ninive.

Dans vos comptes on observe qu’il y a plus d’1 million d’euros récoltés en 2017 qui n’ont pas été dépensés. Pourquoi ?

Ce résultat excédentaire est le fruit de deux facteurs :
- Avec les événements de 2016 et 2017 (libération de la plaine de Ninive, bataille et libération de Mossoul), il nous a semblé plus sérieux et responsable de constituer cette année encore une réserve de 75 000 € pour parer aux besoins imprévisibles que l’instabilité irakienne nous impose.
- D’autre part nous avons reçu beaucoup de dons durant le mois de décembre 2017. Ces dons ont été utilisés pour financer les projets menés au cours du premier trimestre 2018. Une subvention des Nations Unies nous a également été versée en 2017 au titre du programme de relance économique qui sera déployé jusqu’en 2018.

Avec le prélèvement à la source, les dons seront-ils toujours déductibles ? Ne craignez-vous pas une baisse des dons en 2018 ?

En 2018, les réductions fiscales pour les dons aux associations sont maintenues ! Pour rappel, le prélèvement à la source ne sera mis en place qu’en janvier 2019. Ainsi, si vous faites un don à Fraternité en Irak en 2018, vous conserverez le bénéfice de votre réduction d’impôt, qui vous sera restituée en septembre 2019.

Pour les membres de l’association n’est-ce pas trop lourd financièrement de payer son billet et les dépenses du voyage ?

Chaque membre de Fraternité en Irak paie son propre billet d’avion. Heureusement, cette dépense ayant pour but de réaliser l’objet de Fraternité en Irak, le montant du billet est considéré fiscalement comme un don en nature fait à l’association, ce qui ouvre droit à une réduction d’impôts à hauteur de 66%. Pour les membres de l’association cela représente un effort et une contribution personnelle concrète pour le sort des populations que nous aidons. Parfois, de manière exceptionnelle lorsqu’une personne n’a pas les moyens de financer un billet, il est arrivé que des membres de l’association se cotisent à titre personnel pour que l’argent ne soit pas un obstacle. Les frais de bouche et de logement en Irak sont également à la charge des bénévoles, ce qui est un gage de sérieux, d’implication et de motivation.

Des questions, des remarques ? N’hésitez pas à nous contacter : contact[@]fraternite-en-irak.org