Dans la plaine de Ninive, « les démineurs sont nos héros »

Dans la plaine de Ninive, « les démineurs sont nos héros »

Dans le nord de la plaine de Ninive, à l’est de Mossoul, l’opération de déminage lancée par Fraternité en Irak dans les villages kakaïs est terminée. Pour nombre de familles, la vie reprend enfin ses droits.

Six mois. C’est le temps qu’il aura fallu pour « nettoyer » quatre villages du nord de la plaine de Ninive, habités par la communauté kakaïe avant que Daech n’envahisse la région, chassant tous ses habitants. Depuis la libération de la zone, à l’été 2016, le travail de déminage a été minutieusement préparé pour permettre à tous les villageois de revenir chez eux le plus rapidement possible.

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Un travail intensif

Les démineurs de l’ONG spécialisée MAG (Mine Advisory Group), mandatée par Fraternité en Irak, ont ensuite travaillé sans relâche à repérer, signaler, déminer et détruire les mines et les pièges explosifs posés par Daech dans ces villages. Ils avaient par ailleurs la mission non moins essentielle de faire de sensibiliser  les populations aux risques générés par la présence de mines.

Six mois donc, et pas moins de deux équipes de démineurs expérimentés pour déminer entièrement environ 100 km2 de terres, habitations, infrastructures, écoles et points d’eau. Le déminage des champs notamment était indispensable. Ce travail minutieux a ainsi profité à presque 50 000 personnes en tout : habitants des villages eux-mêmes et des environs, agriculteurs, éleveurs…

 « Je savais que c’était dangereux… »

A Tell al Laban, un village kakaï où Fraternité en Irak s’était déjà rendue trois mois après le début des opérations, plusieurs centaines de familles attendaient de revenir vivre dans leurs foyers quittés précipitamment il y a trois ans. A cette époque, déjà 40 d’entre elles étaient revenues, et 10 personnes y avaient trouvé la mort, piégées par des explosifs dissimulés dans les maisons et objets du quotidien.

Abdullah Khalil, sexagénaire, fut le premier de sa famille à rentrer. « Je savais que c’était dangereux, mon cousin était mort trois jours avant tué par une mine, mais je ne pouvais plus laisser mes moutons loin de leur terre… Grace au travail des démineurs de MAG, mes sept fils et mes petits-enfants sont rentrés. J’ai prié tous les jours pour les démineurs, pour que Dieu les garde en vie. Ils sont nos héros. »

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Des mines d’abord repérées (en haut), puis désamorcées (ci-dessous)

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Faraj Benoit Camurat, MAG et les maires du village

Le président de Fraternité en Irak avec un démineur et des responsables des localités kakaïes

Installer la confiance

Depuis le début de l’opération, plus d’un millier de mines et pièges ont été retrouvés et désamorcés. En avril 2017, déjà 525 familles -soit plus de 3100 personnes- étaient retournées à Tell al Laban. Mais sans accès aux soins et à l’éducation, pas de réel retour possible… Ainsi, les équipes de MAG ont dû déminer deux écoles et un dispensaire ainsi que la maison du médecin avant que la confiance s’installe durablement et que plusieurs familles reviennent.

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Un système d’irrigation réussi, permis grâce au déminage des terres entourant Tel al Laban

Une équipe de volontaires de Fraternité en Irak s’est rendue cet été à Tell al Laban, chez un ami de l’association, Kameraan, réinstallé depuis neuf mois. Comme Abdullah, il a voulu rénover sa maison et faire rentrer ses proches immédiatement après la libération.  Aujourd’hui, il est fier de son jardin, et de ses toutes nouvelles ruches. Son frère jumeau Saman, quant à lui, cultive des champs de concombres prospères grâce à un ingénieux système d’irrigation. Autant d’exemples prouvant les résultats du travail crucial de déminage réalisé quelques mois plus tôt !

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Fraternité en Irak s’est engagée sur le long terme dans le chantier du déminage de la plaine de Ninive, et ce travail est possible grâce à votre générosité. Merci à nos généreux donateurs !

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