Grégory Turpin en tournée en Irak avec Fraternité en Irak

Grégory Turpin en tournée en Irak avec Fraternité en Irak

ÉVÉNEMENT – Le chanteur français Grégory Turpin et les bénévoles de Fraternité en Irak ont organisé une tournée de concerts d’une semaine dans cinq villes d’Irak. Le but : offrir un moment de détente aux déplacés de la plaine de Ninive. 

Chanter pour les réfugiés de la plaine de Ninive chassés de chez eux par Daech… Voilà l’idée que Grégory Turpin a proposée aux membres de Fraternité en Irak avant Noël. « Depuis l’annonce, cet été, de la prise de Mossoul et Qaraqosh, je me suis senti très touché par la situation des chrétiens et des yézidis persécutés par la barbarie de l’Etat Islamique, témoigne-t-il. Je n’ai pas vraiment réfléchi, je me suis dit que j’aimerais venir les voir, leur dire qu’on ne les oublie pas en France. La musique est pour moi le moyen de communiquer cela, en espérant faire oublier la détresse quelques instants. L’association Fraternité en Irak, qui fait un travail efficace d’aide humanitaire sur le terrain, a compris ma démarche et j’ai été très heureux d’organiser cette tournée avec elle.»

Le projet a effectivement fait l’unanimité parmi les membres de Fraternité en Irak et l’organisation de la tournée est rapidement bouclée. Le 21 février, c’est donc une troupe originale qui s’envole pour Erbil. Grégory Turpin et Vinz le Mariachi, guitariste franco-mexicain qui l’accompagne, viennent s’ajouter aux membres de l’association qui se rendent régulièrement en Irak.

À Kirkouk, première escale de l’équipe, l’intuition du projet est vite confirmée. Dans cette ville instable, située à quelques kilomètres de la ligne de front et régulièrement secouée par des attentats, les chants de Grégory et les rythmes mexicains de Vinz font un tabac.« Durant ces quelques morceaux, j’ai eu l’impression d’être partie vraiment très loin de Kirkouk ! », confie une jeune Kirkoukie qui se désole de devoir si souvent dire au revoir à des amis qui partent s’installer à l’étranger. Dans l’assistance, quelques 300 chrétiens habitants de Kirkouk ou déplacés qui ont été chassés de la plaine de Ninive en août dernier applaudissent à tout rompre !

Vinz-kirkouk-crèche

Vinz fait jouer les enfants de la crèche de Kirkouk financée par Fraternité en Irak. La musique fait tomber la timidité ! – © @Fraternité en Irak

Gregory-ecole-kirkouk

Avec les enfants de l’école mutliconfessionnelle de Kirkouk soutenue par Fraternité en Irak depuis 2012 – © Fraternité en Irak

En concert à Kirkouk – © Fraternité en Irak

À Suleymania, l’ambiance est plus intime. Les musiciens jouent devant la quarantaine de familles déplacées qui logent dans le sous-sol de l’église Saint Joseph. C’est l’occasion d’une rencontre personnelle avec chacune. Ici, les conditions de vie sont difficiles. Les familles vivent dans des « chambres » seulement séparées par un rideau… Un peu timides au début, elles accompagnent bientôt les morceaux en tapant dans les mains dans une ambiance joyeuse!

Le groupe prend ensuite la direction de Zakho dans son minibus animé. La ville est située à l’extrême nord du Kurdistan irakien, à la frontière avec la Turquie. C’est là, et dans les villages alentours, que se sont réfugiés 1600 familles de la plaine de Ninive. Au lendemain d’un concert dans la cathédrale saint George comble, c’est dans la rue et sous le soleil que s’improvise une représentation pour les réfugiés… Le groupe se rend ensuite dans une vallée à une heure de route de la ville.  25 familles y vivent dans un village auparavant désert qu’elles ont réinvesti. Loin de tout et sans ressources, les habitants apprécient la visite.

Gregory-Zakho-rue

Dans les rues de Zakho, avec une famille qui a fui la plaine de Ninive pour se réfugier ici – © Fraternité en Irak

concert-rue-Zakho

Concert improvisé dans la rue à Zakho ! © Fraternité en Irak

Dans la grande pièce où vivent des dizaines de familles dans des conditions précaires – © Fraternité en Irak

Dans un village de montagne isolé, non loin de la frontière turque – © Fraternité en Irak

> A lire aussi : Trois camions de produits d’hygiène acheminés au nord de l’Irak

À Alqosh, petit village chrétien situé sur le flanc d’une colline du nord du Kurdistan, à une quinzaine de kilomètres de la zone contrôlée par l’Etat islamique, les musiciens chantent pour les familles visitées qui entonnent à leur tour les musiques traditionnelles du lieu. C’est dans la belle église du monastère Notre Dame que Grégory Turpin accompagne en chantant toute la ville qui s’est réunie pour un chemin de croix.

Les enfants passionnés par la musique de Vinz et sa guitare ! © Fraternité en Irak

« Ces concerts sont un signe fort. Ils ont permis de rendre très concrète la fraternité qui nous relie à tous ces déplacés, estime Faraj Benoît Camurat, président de Fraternité en Irak. La venue d’un chanteur français auprès des chrétiens victimes de Daech est un soutien pour eux et ils ne l’oublieront pas. Je sais déjà qu’ils vont se repasser les concerts qu’ils ont filmés avec leurs téléphones portables en espérant qu’il revienne. Cette tournée est en cela très complémentaire de l’aide matérielle qu’apporte Fraternité en Irak depuis le début de cette crise.»

> A lire aussi : À Alqosh, Fraternité en Irak poursuit son aide de première nécessité

La tournée se termine à Erbil où un concert se prépare dans une grande salle de la ville prêtée gratuitement par le propriétaire. En attendant, l’équipe se rend à Ankawa Mall, grand centre commercial désaffecté dont Fraternité en Irak a aménagé deux étages pour les déplacés de la plaine de Ninive. Dans le box où vit avec sa famille Mehrna, petite fille dynamique, s’improvise un concert qui attire bientôt tous les enfants du centre ! Steven, un ami de Fraternité en Irak retrouvé par hasard, fait à son tour chanter les enfants.

Le soir, le concert final de la tournée réunit plusieurs centaines de déplacés venus de toute la ville. Grégory et Vinz sont accompagnés par le P. Samir, prêtre de Qaraqosh en exil à Erbil, et chanteur célèbre dans la plaine de Ninive. Il interprète un chant dédié à la ville qu’il a dû fuir. Dans l’assistance, les larmes coulent lorsque s’élèvent les paroles « Ô Qaraqosh, ma terre mère, jamais je ne t’oublierai… ». Quand Grégory prend la parole il explique : « je n’ai pas grand chose à vous apporter et je ne sais pas trop comment vous aider dans l’épreuve que vous traversez, mais ce que j’ai, je vous l’offre à travers ces quelques chansons. » À voir la joie sur les visages à la fin du concert, c’est déjà beaucoup.

En concert à Erbil – © Fraternité en Irak

Actualité Al Qosh Art et Culture Kirkouk Qaraqosh Vie de l'association

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1 × 3 =