720 réfugiés retrouvent le chemin du lycée grâce à Fraternité en Irak

720 réfugiés retrouvent le chemin du lycée grâce à Fraternité en Irak

ACTION – Depuis l’arrivée massive de déplacés à Erbil, au Kurdistan, l’éducation est l’une des problématiques majeures auxquelles ceux-ci font face. Arabophones dans un système scolaire en langue kurde, les élèves peuvent difficilement intégrer les écoles existantes. Fraternité en Irak en a ouvert deux pour 720 adolescents en partenariat avec les enseignants et l’évêque de Mossoul et Qaraqosh en exil.

Certes, elles sont au coude-à-coude dans ces salles de classe un peu particulières. Mais à voir leur sourire et leur concentration, on comprend que ces 320 jeunes filles âgées de 15 à 18 ans sont ravies de se rendre en cours. Depuis une semaine, elles viennent chaque jours dans cette grande maison du quartier chrétien d’Erbil, à Ankawa, pour combler leur retard et tenter, pour les plus grandes, d’obtenir l’équivalent du baccalauréat qu’elles doivent passer le 1er juin. À quelques centaines de mètres, une autre maison accueille 400 garçons des mêmes âges et à la même envie d’étudier pour rattraper le temps perdu.

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Dans une classe de l’école des filles © Fraternité en Irak 2015

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L’école des filles vue de l’extérieur, une grosse maison ! – © Fraternité en Irak 2015

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L’inauguration de l’école des garçons le 3 mars 2015 par Mgr Petros Mouche, archevêque syriaque catholique de Mossoul et Qaraqosh – © Fraternité en Irak 2015

Il y a encore quelques mois, ces adolescents majoritairement chrétiens, mais aussi musulmans (shabaks et sunnites) et yézidis, vivaient à Mossoul, à Qaraqosh et dans les autres villages de la plaine de Ninive. Comme eux, la cinquantaine de professeurs des deux écoles a dû tout quitter dans la nuit du 6 août pour fuir les djihadistes de l’Etat islamique.

Après plusieurs semaines de chaos dans la ville d’Erbil où environ 120 000 chrétiens se sont réfugiés, et où chacun a d’abord cherché de quoi manger et se loger, l’inspecteur de l’Education nationale en charge du district de Qaraqosh, a pris son bâton de pèlerin pour permettre aux élèves de retrouver le chemin de l’école. « Je suis allé frapper à la porte du ministère de l’Education irakien auquel les écoles de Qaraqosh étaient rattachées et qui continue de payer les professeurs, mais l’on m’a dit qu’il n’y avait pas d’argent pour financer l’ouverture de nouvelles écoles pour les réfugiés à Erbil », raconte-t-il. Après maintes démarches, il fini par aller voir l’évêque syriaque catholique de Mossoul et Qaraqosh, Mgr Petros Mouche, lui aussi en exil dans la capitale du Kurdistan irakien. « Il a tout de suite accepté de nous aider! » s’exclame l’inspecteur qui fait visiter
avec réel plaisir les deux écoles aux classes bien remplies.

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À l’école des filles, les lycéennes en plein cours – © Fraternité en Irak 2015

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Les lycéens de l’école des garçons – © Fraternité en Irak 2015

Travailler pour l’avenir

Pour financer la location de ces deux grandes maisons jusqu’à la fin de l’année scolaire, ainsi que les frais d’électricité et toutes les fournitures scolaires, l’évêque se tourne vers Fraternité en Irak. « Ces écoles sont des instruments concrets pour que ces 720 lycéens réfugiés aient le moyen de travailler pour leur avenir, se réjouit Faraj Benoît Camurat, président de Fraternité Irak. Alors que beaucoup de familles quittent l’Irak pour que leurs enfants puissent continuer leurs études, ces deux établissements incarnent parfaitement la philosophie de Fraternité en Irak qui vise à permettre à ces familles de continuer à vivre dignement dans leur pays. »

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Un cours à l’école des filles – © Fraternité en Irak 2015

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La prononciation arabe du président de Fraternité en Irak fait rire les lycéennes ! © Fraternité en Irak 2015

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Les élèves sont studieux. En quelques semaines, il faut rattraper presque un an de cours… @Fraternité en Irak 2015

En quelques semaines, les locaux sont trouvés et le matériel acheté. Lors de l’inauguration le 3 mars dernier de ces deux écoles appelées « Al Taheera », la Vierge – le nom de la cathédrale de Qaraqosh et du quartier qui l’entoure – Mgr Petros Mouche a dit sa joie de voir une nouvelle page s’ouvrir pour ces centaines de lycéens. « L’ouverture de ces écoles est un soulagement pour nos jeunes qui vont passer le bac. Il est essentiel que cette génération réfugiée ne soit pas sacrifiée à
cause de l’arrivée de Daech et puisse continuer à préparer sérieusement ses examens » souligne-t-il. Dans les yeux des élèves et de leurs professeurs passe parfois un voile de nostalgie. Tous espèrent que ces « maisons-écoles » d’Erbil sont provisoires et que la rentrée prochaine aura lieu à Qaraqosh.

 

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