Bienvenue à Nashtiman

Bienvenue à Nashtiman

DECOUVERTE – Ce nouveau centre d’accueil pour les déplacés, situé à deux pas de la citadelle d’Erbil, a été financé par l’Œuvre d’Orient et accueille des familles aux trajectoires difficiles. Une équipe de volontaires de Fraternité en Irak nous y emmène. Rencontres.

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Le centre commercial qui abrite le camp de Nashtiman, en plein centre-ville d’Erbil

A la découverte des lieux

Accéder à Nashtiman n’est pas une mince affaire, et le néophyte non-accompagné ne trouverait pas son chemin. Le camp est bâti au dessus d’un centre commercial ! Il faut donc s’y engouffrer, lutter contre les flots humains et la paresse d’escalader, dépasser l’étage des boutiques afin de déboucher dans les parties réservés aux familles réfugiées. Nous découvrons alors de grands couloirs qui donnent sur des appartements à deux pièces ; et aussi de vastes cages d’escaliers bordées de logements.

Nous y sommes accueillis par Abouna Jalal, le prêtre responsable du camp. Cet homme généreux, les traits tirés par la fatigue liée à sa charge, nous reçoit avec chaleur et refuse de se plaindre. « Quelle joie de bénéficier ainsi de la visite d’amis ! » Non content de nous introduire dans son appartement – il vit au milieu de ceux qui lui sont confiés -, il se fait notre guide pour découvrir à la fois les lieux et les personnes qui les occupent.

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Deux espaces font sa fierté. Le premier est un jardin d’enfants qui accueille une cinquantaine de petits encadrés par une douzaine d’adultes volontaires. Fin décembre, ils avaient organisé une fête de Noël pour les enfants qui présentaient un spectacle et ont reçu des cadeaux à l’issue de la représentation.

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L’espace chapelle – Au centre, Abouna Rony, ordonné en août 2016 à Mart Shmouni à Erbil

Abouna est aussi content de nous montrer l’espace chapelle du camp. Une partie d’un couloir élargi, non loin des cages d’escaliers, décorée et équipée d’une table-autel et de quelques rangées de chaises pour que les fidèles puissent participer aux offices dans des conditions de confort minimal. D’autres prêtres passent d’ailleurs rencontrer leurs fidèles et aider à l’animation spirituelle du camp. Ainsi, notre ami Abouna Rony (lire son témoignage ici) se trouve dans le camp en même temps que notre équipe. L’occasion de le féliciter pour son engagement encore tout récent !

A la rencontre d’une famille de Nashtiman

Nous rencontrons la dernière famille arrivée dans le camp. Shirine Salam, la grand-mère, se fait porte parole des siens pour nous raconter leur odyssée. En août 2014, ils ont, comme leurs voisins, fui Qaraqosh ; mais eux sont partis vers le nord, dans un petit village aux environs de Dohuk. Seulement, la situation là-bas était très difficile : le climat est rude, le travail manque cruellement, les aides sont moins importantes que dans les grands centres urbains… La famille a donc décidé de poursuivre son exode vers Erbil où elle a été accueillie ici.

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Abouna Jallal, le directeur du camp, avec Shirine et sa petite fille.

La femme se retient difficilement de pleurer en nous expliquant qu’elle a pu revenir à Qaraqosh voir dans quel état était sa maison. Elle nous en montre une photographie sur son smartphone : la maison a explosé. « C’est une catastrophe », nous explique-t-elle. La famille s’était endettée pour s’installer. Et maintenant, il ne leur reste que les traites à payer, mais plus de toit pour se loger… Ainsi, pour Noël, pas de fête au foyer. Un simple repas un peu amélioré par rapport à l’ordinaire, et quelques visites aux proches qui sont dans le camp ou aux alentours.

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Shirine montre une photo de sa maison à Qaraqosh

A Nashtiman, la vie s’organise. Certains enfants par exemple sont accueillis dans une école ouverte pour les réfugiés. A l’origine, c’étaient surtout des musulmans, mais elle accueille aussi quelques chrétiens de Nashtiman sans tension particulière. D’autres vont à l’école à Ankawa, dans le quartier chrétien d’Erbil. En revanche, personne parmi les adultes n’a encore retrouvé d’emploi. Tous attendent, mais personne ne sait vraiment quand ils pourront rentrer chez eux…

A Erbil, à Nashtiman, comme à Ashti II, Fraternité en Irak agit pour soutenir les déplacés au quotidien. Aidez-nous !

 

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