La fin de l’exil pour Hamelda

La fin de l’exil pour Hamelda

by Fraternité en Irak Actualité Chrétien d'Orient Chrétiens oubliés du nord Mossoul Vie quotidienne

PORTRAIT – Dans le nord du Kurdistan irakien, le village d’Inishke était célèbre du temps de Saddam Hussein pour son magnifique palais surplombant les montagnes enneigées. Aujourd’hui, il est davantage connu pour avoir accueilli des centaines de réfugiés qui ont afflué après la prise de la plaine de Ninive par Daech en 2014. Parmi ses habitants, la famille Youssef, rencontrée par une équipe de Fraternité en Irak .

Hamelda Youssef a perdu son mari il y a plusieurs années ; une simple photo accrochée dans le salon rappelle ses traits. Originaires de Tell Kief, dans les faubourgs de Mossoul, le couple avait déménagé à Bagdad pour y trouver du travail. Mais en 2006, des groupuscules terroristes ont enlevé le mari d’Hamelda et son beau-frère, et réclamé une rançon avant de les assassiner.

Hamelda a alors fui la capitale irakienne pour retourner à Tell Kief, son village natal, dans la banlieue de Mossoul, emmenant ses enfants. C’est là qu’ils ont vécu paisiblement malgré la perte de leur père pendant quelques années. L’ainé, Wahed, devenu adulte, s’était fiancé à Shirine avec qui il devait se marier quand Daech a pris Mossoul… La salle pour le mariage était réservée, la robe était prête, mais ils n’ont pas eu le temps de se dire oui. Déjà ils devaient fuir, laissant tout derrière eux.

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C’est à Insihke, d’où est originaire Shirine, qu’ils ont trouvé refuge. Abouna Samir, le prêtre du village les a accueillis, puis les a aidés à se loger dans une maison tout près du presbytère. Aujourd’hui, Wahed et Shirine sont mariés ! L’autre fils d’Hamelda, Nael, est conducteur de bus scolaire. Sa fille Fadia est la seule qui lui reste ici, ses deux autres filles Messa et Lamia, vivant respectivement aux Etats-Unis et à Bagdad.

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Trois générations de femmes de la famille Youssef : Hamelda, à droite, avec sa fille Fadia et sa petite-fille.

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Nael a trouvé un emploi de chauffeur de bus scolaire.

Malgré les deuils, et sa famille éparpillée, quand on l’interroge, Hamelda se dit « ok ». L’on comprend alors qu’il s’agit d’un mélange de lassitude et de tranquillité retrouvée. Elle sait que sa maison de Tell Kief a été pillée, mais elle aspire désormais à se fixer et Inishke lui offre enfin un havre de paix. L’exil est terminé pour elle.

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Fraternité en Irak a choisi d’accompagner ces populations dans la durée, nous avons besoin de vous pour continuer à leur apporter le soutien dont ils ont besoin !