Naseer, un ferronnier déterminé pour reconstruire après Daech

Naseer, un ferronnier déterminé pour reconstruire après Daech

À Bashiqa, dans la plaine de Ninive, Naseer travaillait le fer depuis des années quand Daech a envahi la région. Après la libération de la ville, il a pu rouvrir son atelier et employer ses frères Fadi et Abdallah, sourds-muets, grâce à une détermination sans faille et l’aide de Fraternité en Irak.

À 40 ans tout juste, Naseer est aujourd’hui un des meilleurs ferroniers de Bashiqa, une petite ville de la plaine de Ninive située non loin de Qaraqosh, à quelques kilomètres de Mossoul, là où il a fait ses études. Cet artisan chrétien a ouvert son propre atelier il y a 15 ans quand il a eu assez de moyens après avoir été salarié pendant cinq ans.

Avant Daech, avec l’aide de ses deux frères et de deux autres employés, il réalisait des éléments architecturaux en fer forgé : grilles, rampes d’escalier, portails. Les habitants de Bashiqa et des alentours n’hésitaient pas à faire appel à lui pour orner leur maison ! Il réparait également de l’électroménager : des fours, des cuisinières…

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Naseer, à gauche, et ses frères Fadi et Abdallah, prennent la pose

L’arrivée de Daech

En août 2014 l’arrivée des djihadistes les a obligés à fuir sans rien emporter… Ils ont trouvé refuge à Sersink au nord de l’Irak, près de Dohuk, où ils logeaient gratuitement chez un prêtre. À la libération de la plaine de Ninive en octobre 2016, ils ont retrouvé une maison et un atelier entièrement détruits et saccagés…

Loin de se décourager, Naseer, qui, à la mort de son père, s’est retrouvé chef de famille nombreuse, a d’abord occupé le poste de gardien de l’église voisine pour subvenir aux besoins de sa mère et de ses quatre frères et sœurs, sourds et muets. Bien qu’un de ses frères soit diplômé d’une université de Mossoul pour les personnes porteuses de handicap, Naseer est le seul à pouvoir réellement travailler.

Comme les djihadistes de l’Etat islamique avaient tout pillé sur leur passage, Naseer n’avait plus de machines…et pas d’argent pour en racheter et relancer sa ferronnerie. Fraternité en Irak a donc décidé de venir en aide à cette famille en rachetant les équipements de ferronnerie qu’ils avaient avant Daech : des scies circulaires, des perceuses, des soudeuses, un marteau piqueur, des haches électriques, mais aussi quelques menus outils et un groupe électrogène.

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Ce dernier est crucial : même si Naseer n’avait pas de générateur avant Daech, il en a maintenant besoin car l’électricité fournie par le gouvernement n’est pas assez puissante pour utiliser des machines perfectionnées comme les siennes !

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L’activité redémarre

Mi-décembre 2017, Naseer et ses frères ont pu reprendre leur activité et les clients qui les attendaient de pied ferme affluent de nouveau dans leur village à reconstruire ! Depuis, l’activité est suffisamment bonne pour que Naseer dégage en moyenne une marge de 200$ par semaine, qu’il partage avec ses frères et le reste de sa famille. Si les commandes viennent à augmenter, il aimerait recruter un ou deux salariés permettant ainsi à d’autres familles de quitter à leur tour les camps de réfugiés et de revenir vivre chez eux, à Bashiqa !

Grâce à la générosité des donateurs de Fraternité en Irak, Naseer a pu reprendre sa vie d’avant. Vous aussi vous pouvez aider d’autres artisans à bénéficier du programme de relance économique de Fraternité en Irak !

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