Les boutiques fleurissent à Bashiqa !

Les boutiques fleurissent à Bashiqa !

by Fraternité en Irak Actualité Relance économique Yézidis

À l’approche du deuxième anniversaire de la libération de Bashiqa, nous vous emmenons faire un tour des commerces qui ont rouvert leurs portes grâce au programme de relance économique de Fraternité en Irak dans cette ville peuplée de Yézidis, de chrétiens et de musulmans.

Bashiqa a été libérée de Daech entre le 7 et le 10 novembre 2016. Aujourd’hui, cette petite ville du nord de la plaine de Ninive fait partie des pionnières en terme de reprise économique. Grâce à la bonne entente avec le responsable yézidi de la zone, le programme de relance économique de Fraternité en Irak s’y développe bien ! 

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Depuis Waseem, le premier artisan relancé de la ville qui gère un générateur de quartier, pas moins de 10 entreprises ont rouvert leurs portes dans des domaines aussi variés que l’alimentation, la menuiserie et le lavage de voitures… 

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Salam (à gauche)

Kheder

Kheder

Naseer

Naseer

Top 10 des entrepreneurs soutenus par Fraternité en Irak à Bashiqa

Le plus célèbre (et à raison !) : Salam, le restaurateur, 

Le plus prospère : Kheder, le gérant du supermarché, 

Le plus courageux : Naseer, le forgeron, 

Le plus étonnant : Aïd, le laveur de voitures, 

Le plus touchant : Luay, le tourneur de métaux, 

Le plus classique : Mothafar, le menuisier PVC,

Le plus gourmand : Youssif, le vendeur de glaces,

Le plus impressionnant  : Khedr Elias, le transformateur de graines. Il faut dire qu’il partait de loin : tout son matériel avait été emporté par Daech et il a fallu même remonter les murs de son usine… Aujourd’hui, des clients viennent dans son atelier pour concasser des grains qu’ils apportent eux-mêmes et en ressortir avec de la farine et du boulgour !

A droite, Khedr Elias dans son usine (assis, à gauche) avec des clients

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Les plus récents : Salwan qui a ouvert un commerce de détergents, et Aras, qui possède une usine de confiserie traditionnelle !  Aras et son frère Awas, tous deux Yézidis originaires de la ville, ont enfin obtenu les autorisations nécessaires pour ré-ouvrir leur usine de halawa, des bonbons à base de sésame et de beurre de noix. Les djihadistes avaient volé tout ce qu’ils pouvaient dans leur fabrique, et les deux frères avaient besoin d’obtenir à nouveau l’agrément gouvernemental garantissant la sécurité et l’hygiène de leurs locaux.. Ils attendent depuis le mois d’avril, mais la ténacité de ces hommes est édifiante… Les petits derniers de la liste sont donc à la fois indispensables à une vie « normale », et signes que le quotidien (entretien des maisons, achats de confiseries pour les fêtes…) a repris le dessus sur la reconstruction !  

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Un morceau de halawa, tout droit sorti de l’usine d’Aras !

Qui sont les Yézidis ?

Particulièrement nombreux à Bashiqa, les Yézidis sont souvent décrits comme une religion syncrétique. Néanmoins, des recherches récentes et les Yézidis eux-mêmes se décrivent comme les descendants d’une religion mythique influencée par le manichéisme. Ils vénèrent Malek Taous, l’ange-paon. Injustement décrits comme des adorateurs du diable, les Yézidis sont organisés sur un système de distribution complexe avec des sous-castes. Outre les castes, la société des Yézidis est également structurée par tribus (à Bashiqa, les principales tribus sont les Khatari, les Harraqi, les Qaidi et quelques membres des tribus d’origine Sinjar, comme les Smoqa).

Le 3 août 2014, les Yézidis ont subi un génocide lorsque Daech s’est emparé de la région de Sinjar où vivait la plupart des membres de cette communauté. Des centaines d’entre eux ont été tués sur le champ, des milliers d’autres ont été kidnappés. Les femmes ont été vendues sur des marchés et réduites en esclavage, les jeunes garçons et les adolescents ont été entraînés comme enfants soldats. Leur témoignage avait particulièrement ému les volontaires de l’association qui les avaient rencontrés. Le prix Nobel de la paix 2018, Nadia Murad, a mis en lumière le drame traversé par cette communauté. La jeune yézidie, elle-même ancienne esclave sexuelle de Daech se bat pour que justice soit faite et que soit reconnu le génocide de son peuple.

 Aidez-nous pour que d’autres artisans puissent bénéficier du programme de relance économique de Fraternité en Irak !